Vinosesam Dégustation

Présentation annuelle des vins de Markus Molitor

le 27 Septembre 2010 à Erden (Allemagne)

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Présentation annuelle des vins de Markus Molitor

Markus Molitor est sans conteste un des vignerons les plus intéressants de la Moselle allemande. Il se distingue par sa rigueur et par l’étendue très diversifiée de sa gamme, ce qui n’en exclut pas l’homogénéité. Tous ses vins ont en commun la maturité et l’intensité de la matière.

Dans cette chronique, nous ne nous attarderons pas sur les trois pinots blancs – au demeurant agréables – ni sur les cinq pinots noirs des millésimes 2007 et 2008 qui, même s’ils présentent des qualités remarquables, ne peuvent pas être considérés comme une spécialité de ce vigneron et ne rivalisent que difficilement, en Allemagne, avec les vins rouges de Bade notamment.

Nous nous concentrerons donc sur les 36 rieslings en dégustation pour le millésime 2009, auxquels il faut ajouter un riesling 2003. Ils se répartissent en 15 rieslings secs, 8 tendres et 14 moelleux.

Rieslings secs

Déjà, parmi les rieslings secs, le vin de base (Haus Klosterberg) surprend par son agrément et son ascension en bouche. Au niveau Kabinett, on retiendra le Wehlener Klosterberg, anisé au nez, nuancé en bouche, avec une matière serrée, presque austère, qui se fondra dans la durée. C’est un vin que certains diront « masculin ».

En Spätlese, on se laissera tenter par le Graacher Domprobst, mûr, vibrant, nerveux et au fruit subtil, à moins qu’on lui préfère, en Auslese**, un Niedermenniger Herrenberg, auquel le terroir sarrois caractéristique assure une minéralité sans aspérités sur une matière aux multiples facettes.

Rieslings tendres (Feinherb)

En riesling tendre, on hésitera entre un Kabinett déjà accessible, le Zeltinger Himmelreich, très charmeur, et un autre, le Bernkasteler Badestube, plus ferme, un rien austère encore, mais qui s’ouvrira dans un an ou deux. Si l’on recherche un vin plus ambitieux, on se tournera vers une Auslese**, le Zeltinger Sonnenuhr, charnu, dense, à la structure solide, mais à la trame délicate et fruitée.

Rieslings moelleux

Dans cette catégorie, la collection de Markus Molitor est impressionnante d’homogénéité qualitative dans la diversité aromatique des flaveurs. Le choix n’en est que plus difficile et, donc, inévitablement subjectif. Au niveau Kabinett, nous retiendrons surtout le Wehlener Sonnenuhr, vif et vibrant au nez, avec un sucre résiduel bien intégré.

En Spätlese, nous distinguerons l’élégance savoureuse de l’Ürziger Würzgarten. Si nous recherchons un rien plus de profondeur, nous opterons pour le Wehlener Sonnenuhr, anisé et exotique, dont la longue plénitude s’appuie sur une fraîcheur qui en assure l’harmonie. Mais notre coup de cœur sera le Niedermenniger Herrenberg,  au caractère sarrois affirmé, nerveux et ascendant, culminant sur une fine acidité fruitée. C’est encore ce même cru qui recueillera nos suffrages au niveau Riesling Auslese***, avec ses arômes de mangue mûre et sa note botrytisée.

Enfin, nous nous laisserons séduire par le Brauneberger Mandelgraben Eiswein, au nez typé de vin de glace et à la bouche pleine, inspirée par des notes d’ananas et de fruit de la passion. Si l’on ne craint pas la vivacité inhérente à un tel vin, on pourra y toucher dès aujourd’hui ; sinon, on le réservera pour un plaisir intense et complet entre 2013 et 2018.

La collection 2009 de Markus Molitor illustre de façon exemplaire les propos les plus élogieux qui ont pu être tenus ou publiés, mais avec un discernement et une impartialité parfois discutables, sur les mérites de ce millésime : il ne faut en effet jamais oublier que le vin est avant tout affaire de vigneron, comme le démontre tout le parcours de Markus Molitor depuis plus de quinze ans.

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Juriste

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